Les routiers français entament une grève contre la réforme du travail

Des routiers français ont débuté lundi à l’aube un mouvement reconductible contre la réforme du travail, avec de nombreuses actions en région, notamment des opérations escargot et des tentatives de blocage de raffineries et dépôts pétroliers.

Des routiers de la CGT et de Force ouvrière ont entamé lundi 25 septembre un mouvement reconductible contre la réforme du Code du travail. Le coup d’envoi a été donné par une trentaine de grévistes qui ont bloqué, dans la nuit de dimanche à lundi, le trafic des poids lourds sur une autoroute dans le Nord, tout près de la Belgique. D’autres actions ont ensuite été mises en place au Havre, à Rouen, Caen, Bordeaux, La Rochelle, Marseille, Lyon ou encore Nantes, d’après plusieurs responsables CGT et FO interrogés par l’AFP.

Le début du mouvement est “à la hauteur de nos attentes”, s’est félicité Jérôme Vérité, le numéro un de la fédération CGT des transports, citant des actions à un péage près de Lyon, devant les dépôts pétroliers d’Ile-de-France et de La Rochelle, et en Normandie.

À Caen, une “opération escargot” a été menée sur la rocade par “une quarantaine de véhicules”, selon un responsable CGT, moitié moins d’après la préfecture. Un “barrage filtrant” devait ensuite être mis en place sur le périphérique Sud.

Échec des négociations

Pour faciliter les approvisionnements, le gouvernement a publié samedi un arrêté autorisant les transporteurs d’hydrocarbures à déroger temporairement aux règles en matière de temps de conduite et de repos. La CGT, fer de lance de la contestation contre les ordonnances réformant le Code du travail, a dénoncé une “provocation”.

Depuis l’échec mercredi des discussions avec le gouvernement, la ministre des Transports a pourtant tenté de calmer le jeu. “La bonne réponse, ce n’est pas le blocage mais le dialogue”, a plaidé Elisabeth Borne, assurant que “le gouvernement est très mobilisé pour éviter le dumping social”. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a estimé dimanche que le gouvernement devait “tenir compte des spécificités” du secteur du transport routier, sans avancer de piste concrète.

Les organisations de chauffeurs dénoncent la possibilité de “faciliter” les licenciements économiques dans les grands groupes, “l’affaiblissement” des représentants du personnel ou encore le plafonnement des indemnités prud’homales. Plus spécifiquement, elles s’inquiètent de la possibilité de négocier dans l’entreprise des éléments de rémunération (13e mois, prime d’ancienneté…), jusque-là fixés par la branche professionnelle. Les syndicats redoutent que TPE et PME, qui constituent l’essentiel du tissu économique, s’engagent dans une course au “moins-disant social” pour remporter les appels d’offre, ce que le patronat qualifie de “manipulation grossière”.

Au-delà de la réforme, les syndicats CGT et FO ont également mis sur la table des négociations la question des salaires, notamment dans le transport de matières dangereuses, déjà à l’origine d’une mobilisation de la CGT au printemps, et de la directive européenne sur le détachement, en cours de révision. En revanche, ils ont obtenu de l’État un engagement ferme sur le maintien du dispositif de retraite anticipée propre à la profession, dont ils craignaient la disparition.

Avec AFP

http://www.france24.com/fr/20170925-routiers-francais-greve-reforme-travail-macron-operation-escargot-camion

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